Immigration, des humains et des chiffres
Est-il encore possible de débattre de l’immigration et d’en parler sereinement sans se laisser enfermer dans des caricatures ? Un débat pollué par des chiffres souvent déconnectés de la réalité.
J’ai un gros doute aux vues des commentaires, réactions politiques et titres de presse qui ont accueilli les chiffres 2025 publiés par le ministère de l’Intérieur.
« Immigration record », « tsunami », « explosion », « submersion migratoire », le sujet mobilise comme chaque fois tout le champ lexical du populisme catastrophiste et il est presque toujours illustré par des nombres, rarement par des êtres humains, par des additions de chiffres qui ne veulent rien dire, qui mélangent tout : les réguliers et les clandestins, les travailleurs et les sans-emplois, les immigrants économiques et les familiaux, les étudiants et les réfugiés humanitaires, ceux dont la fonction sociale nous est indispensable et ceux qui n’ont rien à faire ici, pas grave, tous dans le même sac ou dans le même bateau puisque la Vox Populi réclame que leur nombre baisse.
Alors regardons précisément, 384 000 premiers titres de ces jours ont été accordés l’an dernier à des étrangers hors Union européenne, en hausse de 11% sur l’année d’avant, mais seulement 1 500 de plus qu’en 2021. Et surtout, ce record absolu n’a qu’une seule cause, le bond des motifs humanitaires, l’accueil par la France de 18 000 réfugiés afghans et de 14 000 Ukrainiens.
Mais c’est encore à des étudiants étrangers qu’ont été accordés le plus grand nombre de permis de ces jours. 18 000, près du tiers du total, et surprise d’ailleurs, en regardant la ventilation par pays, nos universités ou grandes écoles ont admis l’an dernier 8300 étudiants chinois et 8000 Américains des États-Unis, toujours pour motif étudiant, pas encore pour motif humanitaire.
> En revanche, l’immigration économique est en panne










