À l’approche de la rentrée, la pédagogue Céline Alvarez plaide pour l’apprentissage de la lecture dès la maternelle. Elle présente son ouvrage consacré aux méthodes pour réduire les inégalités scolaires.
Le système éducatif français présente des résultats alarmants en matière de maîtrise de la lecture, avec près d’un élève sur deux en difficulté dès la fin du CP et des proportions dramatiques dans les zones défavorisées. Pour remédier à cette fracture, il est impératif « d’anticiper l’apprentissage dès la maternelle », affirme Céline Alvarez, pédagogue qui publie Pourquoi il faut apprendre à lire en maternelle ? aux éditions Les Arènes, en raison de la complexité orthographique de la langue française, bien plus opaque que d’autres langues européennes. Ignorer ce décalage temporel condamne une large part d’une classe d’âge à accumuler des retards scolaires insurmontables tout au long de sa scolarité.
« C’est parce qu’on y arrive pas toujours au CP qu’il faut commencer un peu plus tôt », explique Céline Alvarez, au vu de « notre système orthographique très complexe car nous n’avons pas une langue transparente comme l’italien où nous avons un son pour un signe ».
L’application de méthodes fondées sur les neurosciences et l’observation rigoureuse permet de gommer significativement les inégalités sociales dès le plus jeune âge. Plutôt que de recourir à une scolarisation rigide ou prématurée du CP, l’approche préconisée consiste, selon la pédagogue, à « manipuler les sons des lettres de manière ludique et progressive dès l’âge de trois ans ». Cette familiarisation précoce avec le code alphabétique stimule l’autonomie des enfants sans jamais recourir à des manuels scolaires contraignants.
France Inter – La grande matinale – Lundi 24 août 2026












