
« Nous avons besoin d’un pacte national pour le climat et d’un plan d’adaptation financé et mis en œuvre.
Ce n’est aujourd’hui pas le cas. Du tout. Pourtant les ressources existent : le rapport Pisani-Ferry – Mahfouz de 2023, les constats scientifiques du Pnacc 3 (Plan national d’adaptation au changement climatique), les études du Cerema (Centre d’Études et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement)… Après l’incendie de 2022, le président du conseil départemental de Gironde, Jean-Luc Gleyze, a ainsi écrit un livre très documenté qui offre des pistes concrètes (1).
Ce qui manque, c’est une volonté politique honnête de mise en œuvre et des choix de financement afférents. L’argument financier est d’ailleurs parfaitement inversé : lorsqu’on fera le bilan du coût de l’incendie, on verra qu’il est considérable, sans même parler du coût humain et de celui de la faune et de la flore, inestimables. Financer l’adaptation et la préparation, c’est, pour parler dans le langage des comptables à courte vue qui semblent parfois les seuls décisionnaires, un investissement rentable. Il est surtout indispensable.
Cet été 2026, nous sommes déjà, sur le plan politique, dans la préparation de l’échéance présidentielle, et pourtant les débats ne portent presque que sur des questions tactiques d’alliance et sur les profils de candidats – qui sont des dizaines : c’est consternant. Car quelles que soient les qualités intrinsèques de tel ou tel pour faire face à un défi de cette taille, c’est au minimum une équipe solide, extrêmement soudée, qui est nécessaire. Qui saura tenir un cap et créer de la cohésion dans un pays fatigué, fragilisé par des pratiques politiques de fracturation démocratique.
Un chantier immense
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