Voilà 20 ans au moins que le climat se dégrade, que la défiance et les agressions contre les élus augmentent. Mais il y a huit jours, au soir du second tour des municipales, la nouvelle s’est répandue de maires sortants systématiquement insultés, brutalisés, protégés par les forces de l’ordre, dans des villes de banlieue conquises par des candidats LFI ou divers gauche. Des vidéos sont arrivées de Creil, Vaulx-en-Velin, Le Blanc-Mesnil, Mantes-la-Jolie. Comme huit jours plus tôt à Saint-Denis, contre le maire socialiste battu Mathieu Hanotin.
« Inacceptable », « abject », « scandale démocratique », la classe politique hors-LFI n’a pas eu de mots assez durs. Jusqu’à Emmanuel Macron condamnant les heurts en Conseil des ministres : « Il n’y a pas de sédition possible dans les communes de la République. »
> Mais il n’y a pas eu de heurts
Nulle part. Des invectives, des insultes oui, au moins dans une demi-douzaine de mairies. Des cris de victoire mêlés à des huées, ce qui n’est pas très agréable, ni très républicain. Mais qui a toujours existé.
À Saint-Denis en 2012, pour ne prendre que ce seul exemple, la victoire aux législatives du même Mathieu Hanotin sur le communiste Patrick Braouezec avait tourné à la bagarre générale, dans la même salle du premier étage de la mairie.
Cette fois, pas d’affrontement, seulement des cris. À notre connaissance, aucun élu n’a été molesté ou mis en danger physiquement. À Creil, la maire sortante a dit qu’elle avait dû être évacuée par la police nationale, mais le commissaire a démenti.
Au Blanc-Mesnil, c’est parce que l’ancien maire LR refusait de reconnaître sa défaite, qu’il a été conspué, sans être menacé. Avant que l’on découvre les insultes et vraies menaces de mort qu’il avait proférées contre la journaliste Nassira El Moaddem.
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