
Alicia Marques, après 2 titres de championne de France en junior, côtoie aujourd’hui, à 19 ans, le gratin mondial de l’élite senior.
Grand espoir français en – 52 kg, Alicia Marques, formée au Judo Club arthézien avant de se perfectionner dans le club orthézien, participe ce samedi 7 février au prestigieux Grand Slam de Paris, aux côtés notamment d’Amadine Buchard et Blandine Pont.
Elle joue à présent dans la cour des grandes : Alicia Marques, 19 ans, dont 15 de judo depuis ses débuts, dispute ce samedi le Grand Slam de Paris (7 et 8 février). Un tournoi majeur du circuit international, où tout le gratin est là, y compris dans sa catégorie des moins de 52 kg. « À part la championne olympique de Paris, les vingt meilleures mondiales sont là » explique son entraîneur orthézien, Luc Rey.
Et n’allez pas croire que l’enfant d’Arthez-de-Béarn tremblera dans son kimono à l’heure d’entrer en lice. « Elle est motivée, elle n’a pas peur, je la sens concentrée. Elle n’ira pas avec le frein à main. Je pense qu’elle a hâte » assure son entraîneur du JCO.
> Caractère bien trempé
Bien sûr, son modeste classement mondial, après trois tournois seulement chez les seniors, lui promet un premier tour difficile. Sur les 32 engagés, les huit premières mondiales s’évitent jusqu’aux quarts, « et les deux Japonaises n’en font pas partie » détaille M. Rey.
Sûr qu’elle ne perdra pas ses moyens ? Son entraîneur reste ferme, sa protégée, double championne de France junior, n’est pas du genre à caler mentalement. « Pour son premier tournoi international senior, en mars 2025 à Linz, elle avait tiré la 5e mondiale au premier tour. Elle a mené, tout le monde la voyait gagner, elle n’a cédé qu’au golden score (NDLR : prolongation) ».
« À sa dernière sortie, en novembre à Zagreb, elle souffrait d’une infection à une articulation après une piqûre d’araignée, ajoute M. Rey. Mais juste avant, elle avait terminé médaillée de bronze du Grand Prix de Lima, en battant au passage la n°4 mondiale. » Bref, le grand monde, elle connaît déjà, elle était d’ailleurs remplaçante pour le Grand Slam de l’an passé. « Sa sélection en 2026 l’a soulagée ».
Rey souligne son « caractère bien trempé. Depuis toute petite, elle n’a jamais fait les choses à moitié. Elle est mignonne dans la vie de tous les jours, mais elle s’affirme dès qu’elle monte sur le tatami, elle est super combative. D’où son surnom de Xena la Guerrière (1) donnée par sa maman » et qu’elle mérite encore aujourd’hui.
« C’est une puncheuse, très impactante, résistante, avec une énergie incroyable. Sa marge de progression est impressionnante : Alicia est encore jeune, sa manière de combattre pas encore structurée. Alors quand on greffera à son énergie plus de tactique et de technique… » Elle s’y emploie au quotidien à l’INSEP de Paris, qu’elle a rejoint il y a deux ans.
> Sa place sur la liste
Alicia a gagné sa place pour Paris lors du championnat de France, en battant notamment la Girondine Léa Beres, autre grand espoir de la catégorie. « Elle a aligné les ippons tout au long de la journée, elle n’est pas tombée une fois et perd sur une décision qu’elle a eu du mal à avaler » raconte Luc Rey.
Ce samedi, après un mois de stage au Japon, elle combattra aux côtés d’Amandine Buchard (médaillé de bronze à Paris en 2024, d’argent à Tokyo en 2021), de Blandine Pont, Pauline Cuq et du gratin mondial. Avec « l’envie de montrer qu’à 19 ans elle a sa place », et sa ligne sur la liste des prétendantes à une qualification pour les Jeux de Los Angeles.
(1). Nom d’un personnage de série télé.
Patrick Favier, Journal Sud-Ouest
