Que vaut la vie sans amour ?

Louise Labé, aussi surnommée la Belle Cordière, née vers 1524 à Lyon et morte le à Parcieux-en-Dombes, est une écrivaine française principalement connue en tant que poétesse de la Renaissance.

L’œuvre de Louise Labé est souvent envisagée comme un modèle d’écriture proto-féministe, en ce qu’elle incite ses contemporaines à faire valoir leur droit à être reconnues :

« Je ne puis faire autre chose que prier les vertueuses Dames d’eslever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenoilles et fuseaus, et s’employer à faire entendre au monde que si nous ne sommes faites pour commander, si ne devons nous estre desdaignees pour compagnes tant es afaires domestiques que publiques, de ceus qui gouvernent et se font obeïr. »

Dans ses écrits, elle se concentre sur l’expérience féminine de l’amour et réhabilite des figures de femmes émancipées.

Voici un de ses magnifiques poèmes où elle avoue que, sans amour, elle préfère mourir :

 Tant que mes yeux pourront larmes épandre
À l’heur passé avec toi regretter :
Et qu’aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :
 
Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard Luth, pour tes grâces chanter :
Tant que l’esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre :
 
Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,
 
Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d’amante :
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.

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