
90 des 95 conseillers communautaires étaient présents pour ce conseil largement accaparé par le projet E-CHO. © Crédit photos : Hervé Pouyau
Le Conseil communautaire de Lacq-Orthez a rendu un avis favorable, lundi 14 septembre, au projet de production de carburants durables. Malgré les critiques de certains élus sur l’impact climatique et les ressources nécessaires, les conseillers ont soutenu massivement ce dossier jugé vital pour l’avenir économique du territoire.
Premier point à l’ordre du jour, le projet E-CHO a été le sujet majeur du conseil communautaire de la Communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), réuni lundi 14 septembre en son siège mourenxois. Les 90 conseillers présents (sur 95) avaient à donner leur avis sur le dossier de demande d’autorisation environnementale, avec en filigrane l’adhésion, ou l’opposition, à ce projet de production de SAF (carburant d’aviation durable), de méthanol vert (transport maritime) et de naphta (transport routier).
Comme l’a rappelé Didier Rey, rapporteur de la délibération, le projet utilise pour matière première de l’électricité, de l’eau, de la biomasse et du dioxyde de carbone. Lindsey Deary en première ligne, ses défenseurs ont déployé une palette d’arguments économiques et géopolitiques, renvoyant dans les cordes les opposants dont certains étaient présents à l’intérieur et à l’extérieur de la salle.
Dans ses propos liminaires, le président de la CCLO a rappelé les « enjeux vitaux de ce dossier pour le bassin de Lacq qui existe depuis 75 ans et dont il ne faudrait pas trahir l’histoire ». Dix des seize communes appelées à se prononcer au titre de leur proximité avec les installations projetées ont voté pour et cinq contre, a-t-il rappelé, déduisant là que « 72 % de la population locale est favorable ».
>« Projet d’un autre temps »
Hostile au projet, le maire et vice-président de la CCLO, Yves Salanave-Péhé, a dénoncé de son côté « le procès en désinformation et les anathèmes visant à discréditer la position des personnes défavorables au projet ». « On peut être fidèle à ce territoire sans accepter n’importe quoi », a ajouté l’édile, jugeant le « projet d’un autre temps, non acceptable dans ce contexte d’évolution climatique ».
Ne voulant pas donner « de chèque en blanc », le conseiller RN d’Orthez, Nicolas Cresson, a conditionné son avis favorable à « six exigences », tandis que dans la même forme de « en même temps », le maire orthézien Benjamin Moutet a plaidé pour « un soutien qui ne peut être qu’exigeant ».
- À l’heure du vote électronique, sans surprise, une large majorité s’est prononcée pour, avec 79 voix (6 contre, 5 abstentions).
>Intérêt national majeur
Alors qu’E-CHO a été déclaré début juillet « projet d’intérêt national majeur » par le gouvernement de par son importance stratégique, les associations environnementales ont déposé le 7 septembre un recours devant le Conseil d’État afin d’annuler cette classification qui doit simplifier la vie de l’industriel. Le Collectif des associations de défense de l’environnement Pays basque et sud des Landes (Cade) et la Sepanso 64 contestent cette qualification qui permet, sur accord de la collectivité compétente et lorsqu’elle est nécessaire, une mise en compatibilité directe des documents de planification et d’urbanisme avec ledit projet par l’État et l’accélération des procédures de raccordement au réseau public de transport d’électricité.
Hervé Pouyau – Sud-Ouest – 17 septembre 2026