Prenez n’importe quel sujet susceptible de faire le buzz sur les réseaux sociaux. Le voile, le féminisme, la laïcité, le racisme, la PMA, la GPA ou la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur… Qu’importe. Chacun est sommé de choisir son camp, de s’engager dans le pour ou le contre, de dégommer l’adversaire en l’assommant de certitudes, voire en « l’effaçant » carrément comme le veut la progression alarmante de la cancel culture importée des États-Unis.
Quelle place reste-t-il pour le questionnement, le compromis, ou même la libre-pensée ? « On a parfois l’impression de vivre dans un pays hystérique ! regrettait, il y a quelques mois, dans “l’Obs”, le chef de file de la CFDT Laurent Berger. Il n’est plus possible d’avoir un seul débat posé, et je ne parle pas que des questions sociales. Il est devenu difficile de faire appel à l’intelligence individuelle ou collective. » Et pour cause : l’entre-deux vaut désormais aveu d’impuissance, d’incompétence… voire de trahison ! L’heure est aux dénonciations expéditives, aux joutes définitives. La colère remplace l’échange, la punchline tient lieu de pensée.
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