
Photo d’hommage à Samuel Paty, devant l’Assemblée Nationale le 20 octobre 2020. (Antonin Burat / Hans Lucas via AFP)
« Un établissement du Var renonce à prendre le nom de Samuel Paty, professeur assassiné par un terroriste islamiste en octobre 2020. C’est désolant. C’est lâche. C’est compréhensible. C’est compliqué.
Il fut envisagé qu’un collège du Var prît le nom de Samuel Paty, en hommage au professeur victime du terrorisme islamiste. Une consultation interne à l’établissement en décida autrement : 100 % des enseignants qui avaient participé au vote étaient contre. Evidemment, ce refus unanime fut dénoncé comme une marque de lâcheté et de renoncement. En la matière, l’indignation ne suffit pourtant pas et cette décision consternante mérite une réflexion plus large.
Il est tout d’abord étonnant que cela surprenne. Sans doute est-ce parce qu’un voile pudique a été jeté sur les semaines qui ont suivi l’attentat : hommage invraisemblablement escamoté par l’institution, clivages entre professeurs ou, plus choquant encore, indifférence, atermoiements, etc. Par décence ou fatigue, l’abcès n’a pas éclaté mais, pour qui y a assisté, pour qui a lu sur les réseaux sociaux les échanges entre enseignants, il y a quelque chose d’irrémédiable. Et, désormais, des professeurs irréconciliables.
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